HISTOIRE D'UN LOGO.

Grâce à un petit livre très illustré paru il y a quelques semaines, on connaît enfin l'origine de ce symbole, sceau de l'insoumission, de la rébellion, de l'anarchisme : le A cerclé, ou A dans l'O.

A force de le voir graffité sur des murs à la craie, à la bombe (de peinture), sur des T-shirts et des drapeaux, on pensait qu'il était là depuis toujours.

Certains pensaient que ce A dans l'O était des lettres d'évangile ou encore le A et l'O extraits du nom de anarchieRavachol, le militant anarchiste. D'autres ont cru qu'il synthétisait, au XIXe siècle, l'idée de l'anarchie dans l'ordre prônée par Pierre-Joseph Proudhon. La plupart (espagnols…) ont semblé le voir, pendant la guerre d'Espagne, arboré quelque part dans la colonne Durruti.

En fait, ce signe est une création iconographique plus récente. Etudes et preuves à l'appui -certifiées par le Centre d'études libertaires Pinelli de Milan et le Centre international de recherches sur l'anarchisme de Lausanne, on sait désormais que le premier A cerclé remonterait à 1964.En avril précisément, il apparaît dans le Bulletin des Jeunes Libertaires comme projet de signe de ralliement proposé « à l'ensemble du mouvement anarchiste ». On connaît les noms des concepteurs : Tomas Ibanez et René Darras.

En 1968, il reste encore discret. Redessiné élégamment (A avec empattement, en négatif sur fond circulaire noir) en 1971 par le frère d'Amedeo Bertolo, Gianni, pour être le titre d'un officiel mensuel anarchiste, il retrouve sa place dans son camp, après avoir été utilisé par l'extrème droite, notamment en Italie.

Pour Amedeo Bertolo, le « père adoptif » du A cerclé, à qui on demande si après 40 ans, le A dans l'O a bien vieilli, sa réponse est claire : « Il me semble encore très efficace, tant comme symbole de révolte anti-autoritaire que comme “ signature ” des multiples anarchismes contemporains.  (Sources:Article de Mesplé paru sur Rue 89. "A cerclé, histoire véridique d'un symbole" ed. Alternatives)

Après avoir ironisé sur les footeux Rennais qui chauffent leur pelouse comme d'autres leur piscine, je suis bien obligé de saluer la victoire de mes voisins de Plabennec face à un club de ligue 1. Je veux bien croire que ces derniers, arrivant du sud de la France, étaient davantage paralysés par la météo que par l'enjeu de la rencontre mais, les histoires de petits Poucet de la coupe c'est bon pour le nationalisme local. Vous savez "ces imbéciles heureux qui sont nés quelque part". Comment s'appelait ce film extraordinaire avec Patrick Dewaere...J'ai la mémoire qui flanche.

Allez, merci encore d'être passé, portez vous bien et, à demain peut-être.