Amis des mathématiques modernes et du pigeonneau laqué réunis, bonjour !

C'est un plaisir pour moi que d'évoquer devant vous ce grand bonhomme que fut Charles-Ange Laisant.

Le 1er novembre 1841, naissance de Charles-Ange LAISANT, à La Basse-Indre, 220px_Laisantdépartement de la Loire-Atlantique.
Militaire, mathématicien, député d'extrême-gauche, franc-maçon, il devient ensuite anarchiste, pédagogue rationaliste, libre-penseur, espérantiste.
Parcours atypique que celui d'Ange Laisant, après de brillantes études au lycée de Nantes, il intègre l'Ecole Polytechnique. Capitaine du génie lorsque éclate la guerre de 1870, il assurera durant le siège de Paris la défense du Fort d'Issy jusqu'en janvier 1871. Après la chute de l'Empire, il se présente en février 1871 aux élections sur une liste républicaine (il sera battu) mais, en octobre de la même année, il devient Conseiller Général du canton de Nantes. Il se trouve en garnison à Tours lorsque la Commune de Paris est proclamée mais ses opinions avancées lui vaudront d'être muté en Corse puis en Algérie. Il quitte ensuite la carrière militaire pour se consacrer à la politique et sera élu député de Nantes le 20 février 1876 (à l'époque en Loire inférieure), il siégera alors sur les rangs de l'extrême-gauche (mandat qui sera renouvelé cinq fois). Le 29 novembre 1877, à Paris, il soutiendra avec succès deux thèses pour un doctorat ès sciences mathématiques. En 1885 il est élu député de la Seine, puis en 1889 à Paris (18ème) sous l'étiquette Boulangiste (il avait fait ses laisant_ch_aétudes avec Boulanger) puis Dreyfusard. Mais, dégoûté de la carrière politique, il y renonce en 1893 pour se consacrer à l'enseignement. C'est par son fils Albert, devenu anarchiste, qu'il rallie à son tour les libertaires. Il sera un des responsables de la "Ligue internationale pour l'éducation rationnelle de l'Enfance" fondée par Franscisco Ferrer et l'inspirateur de Freinet pour l'enseignement des mathématiques.
Néo-malthusien, libre-penseur et franc-maçon, il écrit des textes éducatifs pour les enfants, en mathématique, physique, etc., et se passionne pour l'espéranto. Il collabore aux journaux "La Bataille syndicaliste" , "l'Ecole rénovée", "l'Ecole émancipée", "L'idée Libre", et écrit également des brochures ou des essais théoriques comme "La barbarie moderne" (1912). On lui doit la préface d'une édition moderne du « discours de la servitude volontaire » de Etienne de la Boëtie.

Durant la première guerre mondiale, dans le sillage de Jean Grave et Kropotkine il signera le "Manifeste des seize" favorable à l'intervention contre l'Allemagne. Pourtant, ce grand mathématicien et philosophe est pratiquement inconnu en France, offrons lui la place qui lui revient dans notre galerie de portraits.

P.S. Message pour Jean-Yves. Existe t-il une rue ou une place portant son nom à Nantes ?

Et bien voila pour ce 1er novembre, jour de tous les saints (et Dieu sait si il y en a). Merci d'être passé en ce jour férié, profitons pendant qu'il y en a encore, portez vous bien et à demain peut-être.