Amis de la gent féminine et de la dinde au four réunies, bonjour !

Dans le calendrier républicain, le premier jour de prairial (20 mai) est dédié à la luzerne. Avouez que l'actualité n'a pourtant rien de buccolique. Je pense à cette femme de chambre qui s'est plaint des agissements d'un des hommes les plus puissants de la planète.

Je pense à nos médias franchouillards et à nos pseudos journalistes qui ont mis plusieurs jours à se rendre compte de son existence.

Je 2467591169_2pense à cet homonyme malfaisant, Jean-François Kahn, qui considère qu'il n'y a pas eu viol, tout au plus « un troussage de domestique » (lundi matin sur France-culture).

Je pense à ces hommes qui se disent de gauche et qui ne sont que les tristes représentants d'une bourgeoisie arrogante.

Je pense à cette femme africaine, on dit qu'elle est d'origine Peule et à cette chanson de Pierre Perret Lili.

Je pense à André LEO qui, il y a plus d'un siècle se battait déjà pour la cause des femmes.

Le 20 mai 1900, mort d'André LEO (pseudonyme de Léodile BERA, veuve CHAMPSEIX), à St-Maurice.
Ecrivaine, journaliste, militante féministe, membre de l'Internationale et bien sûr, communarde.
Elle naît le 18 août 1824, à Lusignan (dép. de la Vienne) dans un milieu bourgeois. Vers 1849, elle se lie avec Grégoire Champseix, un brillant journaliste qui, condamné à plusieurs mois de prison en 1849, vit en exil en Suisse. Le mariage a lieu à Lausanne en 1851 et en 1853 Léodile donne naissance à des jumeaux : André et Léo. C'est vers 220px_Andreleo1860 qu'elle commence sa carrière littéraire avec son roman "La vieille fille" puis "Un mariage scandaleux" qu'elle auto-éditera à Paris. Après la mort de son mari le 4 décembre 1863, elle s'engage plus avant dans la littérature et la lutte sociale, éducative et féministe. En 1868, elle intervient aux côtés de Paule Mink pour défendre la condition féminine dans les assemblées ouvrières, rencontre Benoît Malon avec qui elle va vivre à partir de 1872, en union libre, et adhère à "Ligue de la Paix et de la Liberté".
Très liée à Noémie Reclus, c'est chez elle, en 1869, qu'est créée la "Société (mixte) de revendication des droits de la femme". En compagnie de
Maria Deraisme, créatrice de l'ordre maçonnique « Le droit Humain ». En mai 1870, elle soutient Malon emprisonné à Mazas et, le 4 septembre, elle est dans la rue avec Louise Michel lorsque la République est proclamée. Elle s'occupe ensuite de l'aide aux déshérités, notamment les femmes, puis devient début 1871 rédactrice à "La République des travailleurs", organe de l'Internationale. Elle rentre à Paris début avril pour prendre part à la le_droit_humainCommune. Elle collabore à divers journaux, en particulier au "Cri du peuple". Après son appel "Au Travailleur des campagnes" puis "Toutes avec tous", où elle tente de faire accepter les femmes parmi les révolutionnaires, elle s'investit dans divers Comités de vigilance d'arrondissements puis à la Commission organisant l'enseignement dans les écoles de filles aux côtés notamment de Noémie Reclus et d'Anna Jaclard. Après la semaine sanglante, elle parvient à quitter la France et à rejoindre Malon en Suisse.
Par testament, elle lèguera une petite rente à la première commune de France qui voudra tenter une expérience collectiviste.
"Il faudrait cependant raisonner un peu : croit-on pouvoir faire la Révolution sans les femmes ? "

Je pense à toutes celles là qui doivent espérer que la voix d'une immigrée africaine au pays d'Emma Goldman pèsera autant que celle d'un représentant de l'Empire.

Allez, portez vous bien et à demain peut-être.