Amis de la raison pure et des causes perdues réunies, bonjour !

En ce jeudi 28 juillet, je voulais vous entretenir d'un brestois, disparu lui aussi dans les oubliettes de l'histoire: Emile MASSON, né un 28 juillet en 1869.
Né à Brest, il n'est pas élevé en breton et n'apprendra la langue que plus tard non sans avoir obtenu deux licences, en philosophie et en anglais.masson_emile
A Paris il fréquente les mouvements dreyfusard, anarchistes, antimilitaristes et se lie d'amitié avec Elisée Reclus, Kropotkine et Romain Rolland. Il deviendra professeur d'anglais au lycée de Pontivy entre 1904 et 1921. On lui doit la création de la revue "Brug" (bruyère), revue anarchiste en langue bretonne.Il a traduit une brochure d'Elisée Reclus "à mon frère paysan" en dialectes Léonard et Vannetais.
Son oeuvre est toute axée sur la libération de l'homme, il accorde une place essentielle à l'éducation et se réfère sans cesse aux concepts de pédagogie, humanisme, tolérance, non violence...Il y a du Gandhi chez Emile Masson. On peut se demander pourquoi cet écologiste avant l'heure, antimilitariste en pleine boucherie de 14/18, féministe déclaré, socialiste ET breton, intellectuel original et prolixe (il faut lire "l'utopie des iles bienheureuses dans le Pacifique") a disparu des mémoires.
Plus qu'oublié, il semble avoir été refoulé de la mémoire collective des uns et des autres tant ses idées refusaient la simplicité et le manichéisme, le bien et le mal. Parce que il était athée ET tolérant, parce que son nationalisme breton était la voie vers l'internationalisme, parce que ses idées anarchistes étaient faites d'amour et de masson_bretonsfraternité;
Bref, Emile Masson emmerdait tout le monde et particulièrement le petit monde de gauche franchouillard et Jacobin. Dans "Brug" en 1914, il écrit ceci: "...Les ouvriers manifestent pour leur langue un mépris de civilisés et les intellectuels bretons, nourris aux lettres françaises et latines, considèrent qu'un honnête homme (un bon français) commence par cesser d'être breton."
Il va mourir à Paris le 9 février 1923. Son fils Michel Masson a été maire de Pontivy. Il est intéressant de relire "Les bretons et le socialisme" paru aux éditions Maspero accompagné d'une présentation de Jean-Yves Guiomar. Un recueil de textes et de lettres où la question nationale bretonne se mêle au socialisme libertaire.


Allez, voilà pour aujourd'hui, on est jeudi et je viens de terminer la lecture de la sine_piratechronique de SINÉ. Le pôvre il n'en finit pas de visiter tous les hopitaux de Normandie et du coup sa femme lui a offert un fauteuil roulant. Il s'est empressé d'y ajouter un drapeau pirate.

Portez vous bien et à demain peut-être. Pour vous abonner à mon compte Twitter, cliquez sur le bouton Follow ci-dessous.