Amis des Penn-Sardinn et du thé au jasmin réunis, bonjour!

Nous sommes le 08 septembre 2011 et je vous trouve encore devant votre ordi. C'est le 22è jour de fructidor dédié à la noisette. Autant dire que c'est le moment de faire ses provisions pour l'hiver. D'autant plus que si l'on en croit les gazettes, l'hiver sera rude...

Cela devait bien finir par arriver, j'ai dégotté un douarneniste pour ma galerie de portraits.dz_marche_beurre_reduc Je rappelle à ceux qui l'ignore qu'un douarneniste est un habitant de la ville de Douarnenez dans le finistère sud; ville qui a connu son heure de gloire, à l'instar de Marseille, grâce à la sardine et qui aujourd'hui décline doucettement au fond d'une baie qui reste la plus belle du monde. Ai-je besoin de préciser qu'elle a vu naître votre serviteur il y a maintenant fort longtemps. A droite, une photo du marché des halles, où ma grand mère allait acheter son beurre. Voici l'histoire d'un personnage étonnant et pour le moins pittoresque:Hervé COATMEUR.

Le 12 avril 1924, à Brest, sortie du numéro 4 de l'hebdomadaire "Le Tam Baz" (le morceau de bâton). Ce journal satirique, humoristique et naturien est réalisé par l'anarchiste Brestois Hervé COATMEUR.tambaz_baz On ne sait pas grand-chose sur la durée de ce journal paraissant le samedi, mais il fait partie des nombreux titres publiés par Coatmeur et le Foyer Naturien de Brest. On retrouve des traces notamment du « Sphinx » puis du « Sphinx d'après guerre », de « l'écho naturien » etc.

Fils de pêcheur, né à Douarnenez en 1879, (il a du user ses fonds de culottes sur les mêmes bancs d'école que mes grand-pères) resté jeune à la charge de sa mère, Hervé Coatmeur, travailla comme ouvrier à l’Arsenal de Brest, fut plusieurs fois condamné et, finalement renvoyé en 1910 et inscrit au Carnet B. Il exerça alors bien des métiers : docker, portefaix à la gare de Brest, livreur de sciure de bois... Anarchiste individualiste, il eut un kiosque à journaux, un magasin de bouquiniste, un étalage volant parmi les forains, ne voulant être ni commerçant, ni sphinx_lefonctionnaire, ni exploiteur, ni exploité. Il propagea un individualisme dérivé de celui de Han Ryner.

Responsable du Foyer Naturien de Brest (85 rue E. Zola), il avait été le fondateur, animateur et principal rédacteur du journal Le Sphinx individualiste (Brest) qui connaitra de nombreuses séries difficiles à reconstituer.

Propagandiste, il distribuait tracts et prospectus, fonda un cercle d’études, s’attacha dans les années 1920 à la diffusion de l’En Dehors d’Emile Armand auquel il collaborait, devint végétarien, s’alimentant de légumes et de fruits crus et de pain de seigle. Il collaborait également à la revue Le Néo Naturien .vue_de_brest

Il se maria le 6 août 1931 « avec une jeune paysanne qui, après avoir été violée par son père, se réfugia à Brest où elle devint la proie des marins », on se croirait dans Les misérables. Il voulut faire d’elle un être nouveau. Mais elle le quitta et revint avec un jeune bébé « à l’état de santé pitoyable ». Elle le quitta à nouveau en emportant « une pile de pièces de cent sous patiemment économisées en vue d’éditer un numéro du Sphinx » (E. Armand, L’Unique, op. cit.) Le divorce fut prononcé le 15 juin 1935. Sur la photo à droite, une vue de Brest après les bombardements. Malgré mes recherches, je logo_anar_vegann'ai pas trouver de photo représentant Hervé Coatmeur. Par contre j'ai déniché un logo qui est celui des anarchiste végétarien. Etonnant non !

Hervé Coatmeur vécut ses dernières années dans les conditions les plus misérables : il habitait une cabane où tombait la pluie et couchait sur un lit de sangles : il était vêtu de guenilles et chaussé de spartiates. Le 8 septembre 1944, il périt avec plusieurs centaines de personnes au cours de l’explosion d’un abri civil à Brest, place Sadi-Carnot lors d’un bombardement de la ville.

Allez, voila pour aujourd'hui, portez vous bien et à demain peut-être.