Amis de la résistance active et du riz pilaf réunis, bonjour !

Nous sommes le 27 novembre, 7è jour de frimaire dédié au chou-fleur, autant dire que c'est un peu la fête nationale dans le Léon (Finistère)...

Nous venons d'apprendre le décès de Henri KARAYAN, avant-dernier survivant du groupe9ded2399dc54f766d482774ccbcdbf50 Manouchian, vous savez, l'affiche rouge...

"Je n'ai jamais tué d'Allemands, je n'ai tué que des nazis", répondait-il lorsqu'on l'interrogeait sur ses actions armées durant la Résistance.

Né en 1921 à Istanbul, d'une famille arménienne victime du génocide de 1915, Henri Karayan arrive en France à l'âge d'un an et demi.
En 1938, quand ce comité est dissous,
Missak Manouchian militant communiste depuis 1934, met en place une structure sous le nom d'Union populaire franco-arménienne et fait la tournée des communautés arméniennes en France. C'est dans ce cadre que le jeune Henri Karayan, âgé de seulement dix-sept ans, fait sa connaissance.

"La première fois que j'ai rencontré Manouchian, rappelait-il, nous avons passé l'après-midi ensemble. Tout ce qu'il me disait résonnait en moi. Nous partagions les mêmes convictions ". " Je pensais ne jamais le revoir. Nos routes avaient peu de chances de se croiser de nouveau. C'était compter sans la pression des événements ", ajoutait Armee_20du_20Crime_Affiche_20rouge_16eebHenri Karayan, dans un entretien publié en 2000 par L'Humanité. Ces " événements " se traduiront d'abord, en mai 1940, par son incarcération à la prison de Saint-Paul de Lyon comme – faute d'autres charges - "individu douteux".



Après un transfert au camp de Loriol (Drôme) puis celui de Vernet (Ariège), il est contraint au STO, où il retrouve un jeune communiste juif, Léo Kneler, ancien des Brigades internationales et dont il avait fait connaissance à Vernet. C'est en sa compagnie qu'il s'évade et, rejoint Paris où il reprend contact avec Manouchian.

C'est de justesse qu'il échappe, avec son camarade Arsène Tchakarian, à la rafle qui mena au peloton d'exécution 23 membres du groupe le 21 février 1944 au Mont-Valérien. C'est en hommage à cet épisode tragique que Louis Aragon devait écrire, en 1955 le poème Strophes pour se souvenir, plus connu sous le nom de l'Affiche rouge, qui sera mis en musique et chanté, en 1959, par Léo Ferré Arsène Tchakarian, 95 ans, est désormais le dernier survivant du groupe Manouchian.

Sources : Un article du Monde signé Dominique BUFFIER.

Bon voila, c'est pas gai mais il est bon de se souvenir de ces indignés là. Allez, portez vous bien et à demain peut-être.