Amis de la beauté poétique et du canard à l'orange réunis, bonjour!

Nous sommes le 24 décembre, 4è jour de nivôse et on me dit que ce soir c'est la nuit de Noël. Bon, j'ai posé mes boutou-coat devant la cheminée, on ne sait jamais...

 

Écrire c'est une façon de parler sans être interrompu disait Jules Renard, du coup le blogueur s'en donne à coeur joie. Je poursuis donc ma galerie de portraits à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Louis Aragon. Au delà de ses engagements politiques, de sa trop longue cécité vis à vis du stalinisme, il nous louis_aragonlègue des textes d'une telle beauté, surtout quand ils sont porté par des interprètes comme Ferré ou Ogeret qu'il mérite bien ce petit hommage.

 

Fils illégitime d'une liaison entre Marguerite Toucas et un homme politique célèbre (Louis Andrieux, procureur de la République, Préfet de police, député puis ambassadeur), Louis Aragon naît le 3 octobre 1897, à Paris. Son enfance toute entière se trouve du coup marquée par le mensonge et la dissimulation: pour sauver les apparences, sa mère se fait en effet passer pour sa sœur et sa grand-mère, pour sa mère adoptive, tandis que ses tantes deviennent ses sœurs et que son père devient un vague parrain, qui ne lui apprendra la vérité de sa naissance qu'avant son départ pour le front. Il est incorporé en 1917 et part pour le front où il rencontrera par hasard André Breton. Trois fois enseveli sous les bombes, Aragon survit cependant au conflit et se consacre avec une énergie décuplée à l'écriture, sous toutes ses formes. Ecoutez ce magnifique texte interprété par Marc OGERET.


Il rencontre en 1928 une jeune écrivain(e) russe, Elsa Triolet (belle-soeur de Maïakovski), dont il ne se séparera plus. Il devient simple journaliste à L'Humanité et entame une nouvelle carrière de romancier avec Les Cloches de Bâle (1934). Après la mort d'Elsa Triolet (1970), il poursuit comme il le peut ses activités politiques auprès de l'union de la gauche (il sera décoré par F. Mitterrand) et survit en changeant radicalement de style de vie et en affichant dans les médias ses relations homosexuelles, notamment avec Jean Ristat, lui-même écrivain et poète qui lui fermera les yeux le 24 décembre 1982. Sa mort sera suivie d'un concert étonnant de louanges et de cris de haine qui ne s'est guère estompé depuis.

Allez, bonnes fêtes à tous, portez vous bien et à demain peut-être.