AH, CA IRA, CA IRA, CA IRA...
Ce
8è jour de pluviôse est dédié au bois-joli, une sorte d'espèce
de genre de laurier qui
porte bien son nom.
Or donc, nous sommes le 27 janvier en 1789 et le petit peuple de Bretagne est en train de poser la première pierre de ce qui allait se transformer quelques mois plus tard en véritable révolution. Oyez braves gens cette histoire qui anima les rues de Rennes il y a 223 ans.
Les Etats de Bretagne se réunissent le 30 décembre 1788.
Le
Tiers demande immédiatement à être représenté en nombre égal
aux deux ordres
réunis, le vote par tête et l’égale répartition
des impositions. Il refuse de participer aux travaux tant qu’il n’a
pas obtenu satisfaction sur ces trois points. La noblesse refuse.
Les représentants du Tiers retournent alors auprès de leurs électeurs. Des réunions nombreuses et animées s’organisent par paroisse. Le compte rendu des positions de la noblesse est même traduit en breton.
Dépitée par cette offensive du Tiers et en particulier de la jeunesse, la noblesse organise un rassemblement le 26 janvier 1789 à Rennes, attaquant, frappant et blessant des bourgeois et surtout des étudiants. Le Parlement de Bretagne apporte son soutien à cette ratonnade pour la défense des privilèges.
Suite
à l’agression d’un ouvrier grièvement blessé par des laquais
de grands seigneurs, de jeunes bretons s’assemblent le lendemain 27
et marchent sur Rennes. Le combat laisse des morts et des blessés
sur le carreau.
Le
28, le Parlement commence à instruire des plaintes contre les hommes
du Tiers. Un véritable soulèvement armé se déclenche alors, une
marée déferlant sur Rennes .(à droite, cahier de doléances de la commune de Scaër)
Voici ce que proclamaient les jeunes de Nantes:
« Frémissant d’horreur à la nouvelle de l’assassinat commis à Rennes à l’instigation de plusieurs membres de la noblesse… ordre dont l’égoïsme forcené ne voit dans la misère et les larmes des malheureux qu’un tribut odieux qu’ils voudraient étendre jusque sur les races futures… voulant rompre le dernier anneau de la chaîne qui nous lie… avons arrêté de partir en nombre suffisant pour en imposer aux vils exécuteurs des fanatiques aristocrates… »
Et ceux d'Angers:
« Considérant
que dans le moment où la liberté française touche à sa
régénération, il n’est pas un véritable citoyen qui ne voie
avec indignation l’aristocratie…
« Qu’une pareille forme de gouvernement, qui suppose des esclaves, ne peut être regardée que comme une violation des droits les plus sains de la nature…
« Avons
délibéré et unanimement arrêté qu’en qualité d’hommes et de
citoyens, nous sommes et serons toujours prêts à voler au secours
de nos frères injustement opprimés… »
Sources: Ce billet est inspiré d'une série d'articles que Jacques SERIEYS à consacré à la période 1789-2009.
Voilà qui est fort réjouissant ma foi. Et cette jeunesse là monsieur Hessel, elle savait s'indigner, non ! Mais qu'est-ce que l'on attend pour établir nos cahiers de doléances? Allez, portez vous bien et à demain peut-être.